
Hé coucou !
Maintenant qu’on a à peu près compris ce que signifie méditer, il reste une question assez évidente :
Pourquoi est-ce qu’on ferait ça, au juste ?
Parce que soyons honnêtes : s’asseoir quelques minutes pour observer sa respiration peut sembler un peu étrange quand on pourrait utiliser ce temps pour répondre à ses messages, avancer dans sa liste de choses à faire ou regarder un épisode de plus de cette série qu’on avait juré d’arrêter hier soir.
Et pourtant, si la méditation attire autant de monde aujourd’hui, ce n’est pas seulement parce qu’elle est à la mode.
Depuis plusieurs décennies, les scientifiques s’intéressent aux effets de la méditation et de la pleine conscience sur notre bien-être. Stress, anxiété, sommeil, douleurs… les recherches sont nombreuses.
Alors, qu’est-ce qu’on sait vraiment ?
Retrouver un peu de calme
C’est probablement la raison pour laquelle beaucoup de personnes commencent à méditer : le stress.
Notre cerveau passe une bonne partie de ses journées à jongler entre ce qui vient de se passer, ce qu’il faut faire ensuite, les notifications, le travail et toutes ces petites pensées qui semblent surgir exactement au moment où l’on aimerait avoir la paix.
La méditation propose quelque chose de très simple : revenir quelques instants à ce qui se passe maintenant.
À sa respiration.
Aux sensations de son corps.
Aux sons autour de soi.
Cela ne fait pas disparaître les problèmes, évidemment. Mais cette petite distance peut progressivement modifier notre manière de réagir à ce qui nous arrive.
Une importante revue scientifique publiée dans JAMA Internal Medicine en 2014 a analysé 47 essais cliniques regroupant plus de 3 500 participants. Les chercheurs ont constaté que les programmes de méditation de pleine conscience apportaient des améliorations modérées concernant notamment l’anxiété, la dépression et la douleur.
Autrement dit : la méditation n’efface pas le stress d’un coup de baguette magique. Mais elle peut constituer un outil parmi d’autres pour apprendre à mieux vivre avec lui.
Prendre du recul sur ses pensées
Il y a une chose assez fascinante que l’on découvre en méditant : une pensée n’est qu’une pensée.
Ça paraît évident dit comme ça.
Mais combien de fois une petite inquiétude s’est-elle transformée dans ta tête en scénario catastrophe ?
En méditant, on apprend progressivement à observer ce qui traverse notre esprit sans nécessairement s’y accrocher.
« Tiens, je suis en train de m’inquiéter. »
Plutôt que :
« Tout va mal. »
Cette capacité à prendre du recul explique notamment pourquoi les chercheurs se sont intéressés à la méditation dans le domaine de l’anxiété.
Un essai clinique publié dans JAMA Psychiatry a ainsi comparé un programme de réduction du stress basé sur la pleine conscience (MBSR) à l’escitalopram, un médicament couramment utilisé dans le traitement des troubles anxieux. Les chercheurs ont conclu que le programme MBSR n’était pas inférieur au traitement médicamenteux pour réduire les symptômes d’anxiété chez les participants étudiés.
Cela ne signifie évidemment pas que méditer peut remplacer un traitement médical. Mais cela montre que la pleine conscience peut avoir sa place parmi les outils étudiés pour accompagner certaines personnes souffrant d’anxiété.
Et le sommeil dans tout ça ?
Tu connais peut-être ce moment.
Il est 23 h 42.
Tu es fatiguée.
Tu poses ton téléphone.
Tu fermes les yeux.
Et ton cerveau décide soudain que c’est le moment idéal pour repenser à absolument toute ta vie.
La méditation ne possède malheureusement pas de bouton « OFF » pour notre cerveau.
Mais certaines recherches suggèrent que les pratiques de pleine conscience peuvent contribuer à améliorer la qualité du sommeil. Une analyse de 18 études regroupant plus de 1 600 participants a notamment observé une amélioration de la qualité du sommeil par rapport à certaines interventions éducatives.
Les résultats ne montrent toutefois pas que la méditation serait supérieure aux traitements dont l’efficacité est déjà reconnue, comme certaines thérapies cognitivo-comportementales.
L’idée n’est donc pas de présenter la méditation comme un remède miracle contre l’insomnie.
Mais prendre quelques minutes avant de dormir pour respirer, observer son corps et laisser passer ses pensées peut devenir un rituel intéressant pour ralentir après une journée bien remplie.
Habiter un peu mieux son corps
La méditation ne concerne pas uniquement ce qui se passe dans notre tête.
Certaines pratiques, comme le scan corporel, consistent justement à porter son attention sur différentes parties du corps : les pieds, les jambes, le ventre, les épaules…
Sans chercher à modifier ce que l’on ressent.
Simplement observer.
Cette approche est notamment étudiée chez les personnes vivant avec des douleurs chroniques.
Les résultats scientifiques restent nuancés. Une revue systématique portant sur 38 essais contrôlés a trouvé une petite diminution de la douleur associée à la méditation de pleine conscience, ainsi que certaines améliorations concernant la dépression et la qualité de vie. Les chercheurs soulignaient néanmoins que la qualité globale des preuves restait faible.
Et cette nuance est importante.
Méditer ne fait pas nécessairement disparaître une douleur. En revanche, certaines personnes peuvent apprendre à développer une autre relation aux sensations qu’elles ressentent.
Alors, méditer rend heureux ?
Pas exactement.
Et je préfère te le dire.
Internet adore parfois présenter la méditation comme une sorte de couteau suisse magique :
- moins de stress ;
- meilleur sommeil ;
- meilleure concentration ;
- plus de bonheur ;
- moins d’anxiété ;
- moins de douleurs ;
- et probablement une cuisine rangée en permanence.
Malheureusement, c’est un peu plus compliqué que ça.
Les études scientifiques consacrées à la méditation sont nombreuses, mais leur qualité est variable. Les chercheurs eux-mêmes rappellent qu’il existe différents types de méditation, différentes méthodes d’étude et parfois des résultats difficiles à comparer.
La méditation peut être bénéfique.
Mais elle n’est pas magique.
Et surtout, elle ne doit jamais remplacer un accompagnement médical ou psychologique lorsqu’il est nécessaire.
Est-ce qu’il y a des risques ?
On parle beaucoup des bénéfices de la méditation et beaucoup moins de ses effets indésirables.
Pourtant, ils existent.
Une revue de recherches consacrées aux expériences négatives liées à la méditation a estimé qu’environ 8 % des participants rapportaient un effet indésirable. Parmi les expériences les plus fréquemment rapportées figuraient notamment l’anxiété et la dépression.
Pour certaines personnes, particulièrement lorsqu’elles traversent une période psychologiquement difficile ou ont vécu certains traumatismes, se retrouver face à leurs pensées peut être inconfortable.
Encore une fois : méditer n’est pas une obligation.
Si une pratique te met profondément mal à l’aise, tu as parfaitement le droit de t’arrêter.
Alors, pourquoi méditer ?
Peut-être simplement pour créer un peu d’espace.
Quelques minutes pendant lesquelles tu n’as pas besoin de produire quelque chose.
Pas besoin d’être efficace.
Pas besoin de répondre.
Pas besoin d’aller quelque part.
Tu peux simplement être là.
La méditation ne changera probablement pas ta vie après trois respirations.
Mais pratiquée régulièrement, elle peut devenir un outil pour apprendre à mieux observer tes pensées, tes émotions et les sensations de ton corps.
Et finalement, c’est peut-être ça qui m’intéresse le plus dans la méditation.
Pas devenir parfaitement zen.
Apprendre à être un peu plus présente à ce qui est déjà là.
Et maintenant ?
On a vu ce qu’est la méditation.
On a vu pourquoi elle peut être intéressante.
Il reste donc la question la plus importante :
